Don Quichotte

Don Quichotte

"Don Quichotte" en quelques mots

     Prologue : le logis de Don Quichotte

     Acte I : une grande place à Barcelone

     Acte II ; scène 1 : le campement des gitans

     Acte II ; scène 2 : la vision de Don Quichotte

     Acte III ; scène 1 : une auberge

     Acte III ; scène 2 : le mariage

"Don Quichotte" et le ballet

Don Quichotte

"Don Quichotte" en quelques mots

Prologue : le logis de Don Quichotte

          Don Quichotte, gentilhomme campagnard se prend pour un vaillant chevalier sorti tout droit des romans courtois qui sont sa lecture préférée. Dans ses rêves, Dulcinée, l'héroïne de ces récits, devenue la "dame" de ses pensées, lui apparaît. Mais son voisin, Sancho Pança poursuivi par des servantes auxquelles il a volé un poulet, vient perturber ses rêveries. Don Quichotte engage Sancho comme serviteur, et ils partent ensemble à la conquête du monde.

Acte I : une grande place à Barcelone

          Kitri, la file de l'aubergiste Lorenzo cherche dans la foule son bien-aimé, le barbier Basile. Sa danse joyeuse est interrompue par Lorenzo qui - voulant la marier avec le riche et noble Gamache - repousse Basile. Kitri refuse énergiquement cet époux. L'arrivée de Don Quichotte et de Sancho Pança met fin à leur dispute. Lorenzo offre l'hospitalité au chevalier et l'invite dans son auberge. Sancho Pança, attendant dehors se fait malmener par des jeunes gens jusqu'à ce que Don Quichotte se porte à son secours.

          Quand Don Quichotte aperçoit Kitri, il croit reconnaître en elle sa Dulcinée adorée. Galamment, il lui offre le bras pour un menuet. Gamache est furieux. Kitri et Basile profitent de la confusion pour s'enfuir.

Acte II ; scène 1 : le campement des gitans

          Kitri et Basile cherchent refuge dans un moulin à vent. Ils sont surpris par des gitans nomades qui tentent de les voler. Mais ceux-ci se rendent vite compte de la pauvreté des deux jeunes gens et se promettent un butin plus important en voyant arriver Lorenzo et Gamache qui ont fini par découvrir la cachette de Kitri et Basile. Don Quichotte et Sancho Pança surviennent aussi. Les gitans se font complices des amoureux. Ils essaient de monter Don Quichotte contre Lorenzo et Gamache : Ils installent à son intention un théâtre de poupées où sont jouées les amours contrariées de Kitri et Basile. Pris au jeu, Don Quichotte en voulant secourir les amoureux, casse le théâtre de poupées. Brusquement, il se retrouve face au moulin à vent. croyant avoir à faire à un ennemi gigantesque, il l'attaque mais est emporté par les ailes du moulin qui le jettent, pantelant, à terre. Les gitans, déguisés en fantômes, cherchent à effrayer le chevalier, Kitri et Basile parviennent encore à s'enfuir.

Acte II ; scène 2 : la vision de Don Quichotte

          Don Quichotte blessé, à moitié évanoui, rêve qu'il est transporté dans un jardin enchanté en récompense de son courage et de sa fidélité. La reine des Dryades le conduit vers Dulcinée à qui il ose avouer son amour. Mais le rêve s'envole.

Acte III ; scène 1 : une auberge

          Kitri et Basile ont trouvé asile dans une taverne. Heureux ils fêtent les retrouvailles avec quelques amis. Mais Lorenzo, Gamache, Don Quichotte et Sancho Pança ne tardent pas à les rejoindre. Lorenzo est fermement décidé à marier Kitri à Gamache. Au comble du désespoir, Basile emploie un subterfuge : il feint de se suicider. Kitri implore l'aide du chevalier. Ce dernier oblige Lorenzo à unir Kitri au mourant. Mais à peine a-t'il donné sa bénédiction que Basile se relève gaiement. Gamache excédé par le tour qu'on vient de lui jouer provoque Don Quichotte en duel. Il est vaincu.

Acte III ; scène 2 : le mariage

          Et c'est au milieu des grandes réjouissances du mariage de Kitri et Basile que Don Quichotte et son serviteur Sancho Pança partent pour de nouvelles aventures.

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"Don Quichotte" et le ballet

               Si le Don Quichotte a inspiré de nombreux musiciens (Telemann, Massenet, Strauss, de Falla et Ravel notamment), c'est aussi un sujet chéri des chorégraphes.

               Au XVIIIème siècle, Jean-Georges Noverre - le réformateur, père du "ballet d'action" - s'intéresse au roman de Cervantès : son Don Quichotte déjà s'inspire de l'épisode des noces de Gamache et est accompagné d'une musique de Starzer (au Burgtheater de Vienne en 1767). Noverre y glisse quelques "petites méchancetés", en caricaturant - à travers le personnage de Sancho - le matérialisme de ses collègues maîtres de ballet.

               Plus tard, on relève en 1801 à Paris une version de Louis Milon (musique de Lefebvre), puis en 1807 à Turin un Don Quichotte aux noces de Gamache de Filippo Taglioni (musique d'Umlauf) qui sera repris par Paul Taglioni - son fils - en 1850 à Berlin.

               Mais c'est surtout en Russie - où travaillent les maîtres de ballet français invités des Théâtres impériaux de Moscou et de Saint-Petersbourg - que les œuvres chorégraphiques ayant trait à Don Quichotte vont connaître le plus grand engouement.

               Le premier, Charles-Louis Didelot - élève du célèbre Auguste Vestris, et en poste au Théâtre Marie depuis dix ans -porte à la scène en 1809 le Don Quichotte hérité de Noverre.

               Après lui, Marius Pepita - qui succède à Jules Perrot en 1859 à la tête du ballet de Saint-Petersbourg - s'attaque au sujet. Pepita s'est déjà illustré dans les productions "exotiques" en montant au Théâtre Marie La Fille du Pharaon (1812) ou La Belle du Liban (1863). Devant ces réussites, c'est le Théâtre Bolchoï de Moscou qui, cette fois, lui passe la commande d'un ballet de "caractère espagnol". Pepita écrit son scénario en se basant sur la tradition de l'intrigue amoureuse de Kitri et Basile, et - pour la chorégraphie - se souvient de ses jeunes années : à vingt-sept ans, pour des raisons alimentaires, il avait fait une saison à Madrid qui lui avait permis d'observer les danses ibériques. La musique en est confiée à Ludwig Minkus, chef d'orchestre et compositeur attitré des Théâtres Impériaux.

               Le réel succès du ballet (donné pour la première fois le 14 décembre 1869) vint du déroulement logique de l'action : comme une pièce de théâtre, elle avait des personnages bien dessinés. Elle suivait à peu près les scènes de Cervantès. Toute la drôlerie venait des quiproquos que, soit Don Quichotte et Sancho, soit Kitri et Basile ne cessaient de provoquer. Même les moments de féerie étaient traités avec humour (Don Quichotte prenait par exemple la lune pour sa Dulcinée d'un jour de chagrin. De vraies larmes roulaient alors sur les joues de la lune mais son chagrin se changeait soudainement en hilarité complète, à la joie du public moscovite. Au cours d'un cauchemar encore, Don Quichotte se battait contre des monstres dont les formes amusaient beaucoup les spectateurs). Dans cette version Don Quichotte ne confondait pas encore Kitri et Dulcinée.

               La chorégraphie était pleine de couleur et de vigueur : il y avait une Morena pour Kitri et Basile, une Zingara, une Jota et une Lola pour le corps de ballet et aussi une impressionnante danse de toreros maniant l'épée.

               Deux ans plus tard, en 1871, Pepita reprenait le même thème et la même musique mais cette fois-ci à Saint-Petersbourg dans un climat complètement différent. Un cinquième acte fut ajouté. Minkus eut la charge de changer certains passages et modifia l'histoire : le personnage de Kitri devenait par moments Dulcinée, la "dame des pensées" de Don Quichotte. La scène de la "vision" fut introduite : on y voyait Kitri-Dulcinée apparaître comme un rêve au milieu des dryades, ces nymphes des bois, et être le centre de figures aux dessins mouvants ; autour d'elle, le corps de ballet entier escorté de cinquante-deux enfants déguisés en Cupidon.

               Cette séquence est devenue - depuis - le moment de poésie et de danse "classique" pure de l'ouvrage.

               L'ensemble faisait preuve à Saint-Petersbourg d'un style beaucoup plus formel, plus proche du ballet académique due de la pantomime dansée, et sollicitant des interprètes toutes leurs ressources virtuoses.

          "J'ai apprécié à leur juste valeur la fantaisie de la mise en scène, les décors luxueux et les transformations, j'ai reconnu la possibilité d'exploiter la richesse du personnel composé de quelque deux cents artistes, bien faits et experts. Je n'ai jamais été aveugle au vrai talent des chefs de file, capables de produire l'impression par leur virtuosité acrobatique sur quiconque ne se laisse pas guider par cette sainte vérité : en matière de danse, le plus difficile à obtenir, c'est la grâce, l'élégance, la beauté" (August Bournonville)

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Version mise à jour le 21/01/98

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